« Olympia Press, histoire d’un repaire des scandaleux »
Recension d'Olympia Press de Thibault Saillant par Frédérique Roussel dans Libération.
Thibault Saillant retrace le parcours de Maurice Girodias, éditeur de romans érotiques qui a aussi publié Nabokov et Burroughs en France.
L’aventure d’Olympia Press a démarré dans le Quartier latin. Rien de très original jusque-là, le secteur a servi de nid à une majorité d’éditeurs. Son excentricité a consisté à réussir dans l’édition érotique anglaise à une époque où la censure ne pardonnait pas aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Créée en mars 1953 par Maurice Girodias, Olympia Press a brièvement trouvé refuge au 2, rue des Ciseaux (VIe arrondissement), dans l’exiguïté de la librairie du Palimurge, chez Jean-Jacques Pauvert dont un des faits d’armes avait été de sortir Sade de son purgatoire en 1945. Puis, rapidement, elle a migré dans la minuscule arrière-salle de celle du Gay Sçavoir, au 13, rue Jacob. A 33 ans, Girodias n’est pas un perdreau de l’année, il a déjà géré deux maisons, Obelisk Press et les éditions du Chêne, cédées à Hachette en 1951. Il a aussi comparu pour intelligence avec l’ennemi après la guerre, et bénéficié d’un non-lieu. C’est un «oiseau de nuit, grand buveur et grand séducteur. Il se construit une figure de dandy, toujours vêtu élégamment, et ce, malgré le manque d’argent», écrit Thibault Saillant, docteur en histoire de l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Avec Olympia Press, une avant-garde pornographique, l’historien publie sa thèse et la première monographie d’une épopée éditoriale mal connue et exceptionnelle (...).
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