27/02/26

« Merveilles et combats »

Recension de Frans Masereel, un art entre révolte et rêverie par Antony Burlaud dans Le Monde Diplomatique.

Son ami Stefan Zweig voyait en lui « un génie tourné vers l’universel », le pratiquant d’« une sorte de démocratie imaginaire ». C’est un fait : avec leurs larges à-plats noirs et blancs, leur fausse naïveté, leur vigueur expressionniste et leur humanisme sans détour, les gravures sur bois du Belge Frans Masereel (1889-1972) parlent à tous. S’il aborde les réalités de son temps (misères de la guerre, facettes de la grande ville industrielle, luttes politiques…) et affiche ses partis pris, ceux d’un libertaire pacifiste devenu compagnon de route du communisme et militant antifaciste, il sait donner à ses images l’intemporalité du mythe. Republiées par quelques éditeurs inspirés, ses grandes suites graphiques, « romans sans paroles », n’ont pas le charme de l’ancien : elles sont d’aujourd’hui.

Le catalogue de l’exposition que le Musée de l’image d’Épinal lui consacre a le grand mérite de présenter, outre un large choix de xylogravures, les autres champs d’activité de l’artiste : dessin de presse, peinture, édition, marionnettes, scénographie (1)… Les moyens varient ; pas le regard. Sous la gouge, le crayon ou le pinceau, c’est toujours le même univers, où se mêlent tragédie et merveilles, satire sociale et échappée idéaliste, dénonciation des puissances de mort et célébration des forces de vie (...).

Pour lire la suite : www.monde-diplomatique.fr/2026/03/BURLAUD/69324#nb1

Frans Masereel
Samuel Dégardin