« Les peintres en lettres redessinent les villes »
Recension de La Peinture en lettres de Morgane Côme par Tiphaine Guillermou dans Graphéine Magazine.
Après avoir été pendant plusieurs siècles la norme pour habiller les devantures de nos commerces, les peintures en lettres sont tombées dans l’oubli. Elles font un come-back haut en couleur depuis une petite dizaine d’années, et sont aujourd’hui un gage d’authenticité, de fait-main, d’artisanat, de luxe et de savoir-faire pour les boutiques qui s’en parent.
À l’occasion de la sortie de l’excellent livre La Peinture en lettres, histoire & renouveau de Morgane Côme, aux éditions l’Échappée, et du festival de la peinture en lettres (du 18 septembre au 19 décembre) nous souhaitons mettre en avant cette technique ancestrale remise au goût du jour. Le recueil, extrêmement complet, raconte l’histoire des lettres peintes, depuis les enseignes sculptées jusqu’aux décors de boutiques, en passant par les affiches de cinéma, les créations contemporaines, les outils et les techniques. Nous sommes également allés à la rencontre de Virginie, aka The Cheerletter, à Lyon, pour qu’elle nous parle de son métier.
Le métier existe depuis 1804, comme l’explique Henri Couzot en 1927 : “L’art de l’étalage naissait spontanément du génie commercial parisien, (…) elle semait sur son passage (…) de petites maisons de verre et de bois peinturluré. La devanture, le mot et la chose, était née” (p.38 du livre La peinture en lettres). Il y avait pourtant déjà en France quelques lettres peintes au Moyen-âge. À l’époque, ce sont les enseignes façonnées qui prévalent, illustrées ou sculptées et souvent sans lettres, la population étant plutôt analphabète.
À mesure que les enfants s’instruisent et apprennent à lire, les lettres fleurissent dans les rues. À tel point qu’en 1870 les immeubles et boutiques sont couverts de lettres peintes, des devantures de vitrines aux étages en passant par les véhicules, pour annoncer les échoppes ou faire de la réclame. “L’affiche de papier qui paie le droit de timbre ne vit que quelque jours (…). L’affiche peinte, qui ne paye aucun droit, résiste à tout” écrit le député Louis-Désiré Véron dans son amendement pour La France nouvelle des finances, en 1852 (p.34 du livre La peinture en lettres) (...).
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